Monsieur ou Madame Ricin ?

Monsieur ou Madame Ricin ?

Avertissement : âmes sensibles s’abstenir ! Ceux qui pensent que les plantes sont poétiques et que les fleurs sont d’adorables atours multicolores totalement vulnérables, passez votre chemin !

Les fleurs, chez les végétaux, ne sont autres que les organes sexuels de la plante exposés aux quatre vents et mille pollinisateurs potentiels. Car oui, ces Mesdames et Messieurs du règne de flore ont besoin d’entremetteurs pour réussir leurs petites affaires.
Et en termes de sexualité, les plantes sont plutôt inventives. Si, chez la plupart des végétaux, organes mâles et femelles partagent le même appartement (la même fleur donc), il en est qui ont décidé de faire chambre à part !

C’est le cas du Ricin, Ricinus communis, superbe plante annuelle d’ornement que l’on remarque souvent dans les massifs plantés des villes. Avec sa taille imposante (plus d’un mètre de haut), sa tige écarlate et ses grandes feuilles palmées de couleur pourpre intense, elle ne manque pas d’attirer les regards.

Inflorescence de Ricin
Plant de Ricin

Mais elle recèle une autre particularité étonnante. Si l’on observe de plus près les inflorescences (groupement de fleurs), on remarque deux types de fleurs totalement différentes :

– des exhubérantes à la coiffure rouge hérissée très “punkie”, ressemblants à de mini-bogues flamboyantes et à l’intérieur desquelles seront bientôt cachées les graines : j’ai nommé Madame Ricin (très excentrique !),

– des grappes discrètes de petites fleurs crème, toutes petites, qui sortent d’un adorable petit bouton rose tout rond : j’ai nommé Monsieur Ricin (plutôt poétique).

Madame ricin
Monsieur ricin

Ainsi chez le Ricin, le divorce n’est pas consommé puisque fleurs mâles et femelles sont encore sur le même pied mais en revanche, ils ont pris la décision de ne plus partager le même lit (l’histoire ne dit pas si c’est à cause des ronflements intempestifs de Monsieur…), on parle alors de plante “monoïque” (de “mono“= une seule et “oïkos“= maison). Chez les divorcés du règne végétal, on parle de plante “dioïque” (de “di“= deux et “oïkos“= maison), mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai la prochaine fois !